Ce mercredi 23 septembre 2026, plus de 15,8 millions d'électeurs inscrits sont appelés aux urnes de 8 heures à 19 heures pour élire les 395 députés de la Chambre des représentants. Cette page sert de suivi en direct : dès la fermeture des bureaux, nous y reporterons les résultats partiels puis officiels, parti par parti, ainsi que le taux de participation et les scénarios de coalition.
Le scrutin en cinq chiffres
Législatives marocaines, 23 septembre 2026
Page mise à jour en continu. Chiffres provisoires du ministère de l'Intérieur au matin du 24 septembre 2026. Les sièges encore en cours de dépouillement sont signalés « en cours » et seront intégrés dès leur proclamation officielle.
Mise à jour — nuit du 23 au 24 septembre
- Le RNI arrive en tête avec 97 sièges provisoires sur 395, selon le ministère de l'Intérieur, avec la quasi-totalité des voix dépouillées – en recul par rapport aux 102 sièges de 2021.
- La participation finale s'établit à 38,02 %, la deuxième plus faible depuis 2002, contre 50,18 % en 2021. La chute de la mobilisation est le fait marquant du scrutin.
- La répartition complète par parti (PAM, Istiqlal, USFP, MP, PJD...) sera proclamée au fil de la journée du 24 septembre : le tableau ci-dessous se remplit en continu.
- Premiers enseignements de la soirée : le PJD, donné mort en 2021, reprend notamment un siège à Aïn Chock (Casablanca) et reste en course dans plusieurs circonscriptions ; le PAM a exclu pendant la campagne de gouverner à nouveau avec le RNI si lui-même arrivait en tête – un signal fort pour les négociations à venir.
- Où suivre les chiffres officiels : le portail officiel du ministère de l'Intérieur (elections.ma) publie les résultats dès leur validation, circonscription par circonscription, à partir du 24 septembre ; nous intégrons chaque lot ici dans la foulée.
- Des têtes nouvelles à la tête des partis : le RNI aborde ce scrutin mené par Mohamed Chaouki, Aziz Akhannouch ayant quitté la présidence du parti ; le PAM est dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri ; et le PJD renoue avec Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement de 2011 à 2017, de retour à la tête du parti.
Pourquoi la participation s'est effondrée à 38 %
Avec 38,02 % de votants sur 15 801 162 inscrits exactement (54 % d'hommes, 46 % de femmes), ce scrutin recule de 12,16 points par rapport à 2021 (50,18 %) et s'établit au deuxième plus bas niveau depuis 2002. Le profil du corps électoral explique en grande partie cette chute :
- Les 18-24 ans ne représentent que 474 000 inscrits sur 3,89 millions d'individus en âge de voter – un taux d'inscription de 12 % seulement pour la génération la plus nombreuse.
- Les plus de 60 ans pèsent 29 % des listes électorales, soit près de trois fois le poids des jeunes inscrits : un électorat structurellement plus âgé, plus fidèle aux partis traditionnels.
- Le corps électoral a par ailleurs rétréci de 1,7 million d'inscrits par rapport à 2021, sur une population en âge de voter estimée à 27 millions de personnes.
- Ce désintérêt jeune s'inscrit dans la lignée des mobilisations de la génération Z de l'automne 2025 (santé, emploi, pouvoir d'achat, dépenses des grands stades) : une défiance envers les institutions et les partis établis que Reuters documentait encore à la veille du scrutin.
Ce que la loi électorale change pour la répartition des sièges
Deux règles, souvent ignorées, conditionnent la lecture des résultats de ce 23 septembre :
- Le quotient électoral se calcule sur les inscrits, pas sur les votants. Depuis la réforme appliquée dès 2021, les sièges d'une circonscription se répartissent au quotient du nombre d'inscrits : l'abstention massive ne réduit donc pas le nombre de sièges à pourvoir – elle abaisse mécaniquement le nombre de voix nécessaire pour en prendre un, ce qui avantage les machines électorales capables de mobiliser un noyau fidèle.
- Le seuil électoral a disparu. Fini les 6 % (circonscriptions) et 3 % (listes nationales) d'autrefois : chaque quota de voix atteint peut prendre un siège, ce qui fragmente davantage la Chambre – 1 850 listes de candidats (1 615 locales et 235 listes régionales féminines) se disputaient les 305 sièges locaux et 90 sièges régionaux.
Conséquence pratique : avec 97 sièges provisoires sur 395, le RNI n'est qu'à un quart de la Chambre. La route du pouvoir reste une route de négociations.
Résultats 2026 : les sièges par parti
| Parti | Sièges 2026 | Sièges 2021 |
|---|---|---|
Rassemblement national des indépendants (RNI) | 97* | 102 |
Parti authenticité et modernité (PAM) | en cours | 87 |
Parti de l'Istiqlal (PI) | en cours | 81 |
Union socialiste des forces populaires (USFP) | en cours | 34 |
Mouvement populaire (MP) | en cours | 28 |
Parti du progrès et du socialisme (PPS) | en cours | 22 |
Union constitutionnelle (UC) | en cours | 18 |
Parti de la justice et du développement (PJD) | en cours | 13 |
Mouvement démocratique et social (MDS) | en cours | 5 |
Front des forces démocratiques (FFD) | en cours | 3 |
Alliance de la fédération de gauche (AFG) | en cours | 1 |
Parti socialiste unifié (PSU) | en cours | 1 |
| Autres partis | en cours | 0 |
| Total | 395 | 395 |
* Chiffres provisoires du ministère de l'Intérieur (matin du 24 septembre 2026), avec la quasi-totalité des voix dépouillées. Les autres partis sont indiqués dès proclamation officielle.
Pour gouverner, une coalition doit réunir 198 sièges – la majorité absolue de la Chambre. En 2021, le trio RNI-PAM-PI en avait réuni 270 d'entrée de jeu, ce qui avait permis la formation rapide du gouvernement d'Aziz Akhannouch.
Repère : ce qu'il faut retenir de 2021
Le précédent scrutin, le 8 septembre 2021, avait livré un remaniement complet du paysage politique :
- Le RNI a dominé avec 102 sièges (27,66 % des voix), en hausse de 65 sièges par rapport à 2016.
- L'Istiqlal a réalisé la plus grande progression : 81 sièges (+35), porté par Nizar Baraka.
- Le PAM a reculé mais conservé la deuxième place avec 87 sièges.
- Le PJD s'est effondré de 125 à 13 sièges – la plus grosse chute de l'histoire du parlementarisme marocain – entraînant la démission de sa direction dès l'annonce des résultats.
- La participation a atteint 50,18 %, en forte hausse par rapport aux 42,29 % de 2016, avec 13,63 % de votes blancs et nuls.
Coalition issue : RNI + PAM + PI (270 sièges), gouvernement investi le 7 octobre 2021, soit 29 jours après le scrutin.
Les slogans de la campagne 2026
L'affiche électorale du 10 au 22 septembre s'est jouée sur le terrain de la « dignité » – réclamée par presque tous les blocs :
| Bloc | Slogan officiel | Traduction |
|---|---|---|
| RNI | كرامة وفرص للجميع | Dignité et opportunités pour tous |
| PAM | من أجل تغيير المسار. كلمة وحدة! | Pour changer le cap. Une seule parole ! |
| Parti de l'Istiqlal | وطني.. مستقبلي | Mon pays, mon avenir |
| USFP | من أجل التنمية العادلة والعيش الكريم | Pour un développement équitable et une vie digne |
| Mouvement populaire | جا الوقت | Il est temps |
| PPS | نزعمو كاملين | Osons ensemble |
| UC | من أجل مغرب بسرعة واحدة | Pour un Maroc à une seule vitesse |
| PJD | من أجل تحقيق كرامة المواطن | Pour la dignité du citoyen |
| Alliance de la gauche | الكرامة أولًا | La dignité d'abord |
| MDS | معًا من أجل مغربٍ أفضل | Ensemble pour un meilleur Maroc |
| FFD | الكرامة الآن.. ودائمًا | La dignité maintenant, et toujours |
Le calendrier de ce soir et des prochaines semaines
| Moment | Ce qui se passe |
|---|---|
| 19h | Clôture des bureaux de vote et début du dépouillement |
| Dès 20h - 21h | Premières estimations et projections de sièges dans la presse |
| Dans la nuit et le 24 septembre | Résultats provisoires par circonscription (ministère de l'Intérieur) |
| Jours suivants | Proclamation des résultats définitifs, composition des groupes parlementaires |
| Semaines suivantes | Audiences royales des partis, désignation du chef du gouvernement, négociations de coalition |
| Fin 2026 | Vote de la loi de finances 2027 par la nouvelle Chambre |
En 2021, le chef du gouvernement a été nommé dans les jours suivant le scrutin et le gouvernement complet investi un mois plus tard. Le calendrier de cette édition sera scruté à l'aune d'un rendez-vous précis : le dépôt et le vote du projet de loi de finances 2027, attendus en octobre et décembre 2026.
Ce que ces élections changent pour l'économie
La coalition determine le cap budgétaire
La question centrale est arithmétique : quel regroupement atteint les 198 sièges ? Un renouvellement de l'alliance RNI-PAM-PI garantirait la continuité ; un parlement plus fragmenté (comme le favorise le mode de scrutin proportionnel) imposerait des coalitions plus larges, donc des programmes budgétaires plus négociés – avec des conséquences directes sur les réformes fiscales entamées (IR, IS, TVA à deux taux) et sur le financement de la protection sociale (AMO généralisée, aide directe, retraites).
La campagne a d'ailleurs montré des signes de friction inédits au sein de la majorité sortante : à partir d'avril 2026, RNI et PAM se sont accusés mutuellement de « débauchage » d'élus – le ministre délégué au Budget Fouzi Lekjaa faisant même défection au profit du PAM en juillet. L'entente de 2021 n'a plus rien d'acquis.
Le timing du PLF 2027 en jeu
La loi de finances 2027 doit être votée avant le 31 décembre 2026. Une formation gouvernementale rapide laisse le calendrier inchangé ; un blocage prolongé obligerait le gouvernement sortant à expédier le budget en fin de législature – un scénario qui, historiquement, fige les dépenses publiques et repousse les mesures nouvelles.
Marchés et monnaie : l'horloge de Bank Al-Maghrib
La banque centrale est indépendante du calendrier politique : son Conseil a d'ailleurs maintenu le taux directeur à 2,25 % le 22 septembre 2026, la veille du scrutin, et se réunit à nouveau le 15 décembre 2026. La Bourse de Casablanca, elle, n'a pas attendu : le MASI venait de vivre sa pire semaine de l'année avant le vote, dans un contexte mondial d'aversion au risque. Un résultat net et une coalition rapide seraient le scénario le plus apaisant pour les investisseurs ; une suspense prolongée entretiendrait la prudence.
Comment se forme le gouvernement marocain
Trois règles structurent la sortie des urnes :
- Le Roi nomme un chef du gouvernement issu du parti arrivé en tête des élections, après consultation des formations politiques.
- Ce dernier doit réunir une majorité de 198 sièges à la Chambre des représentants pour gouverner – d'où des coalitions systématiques dans un paysage fragmenté entre une douzaine de partis.
- Le gouvernement est investi puis présente son programme devant le Parlement ; le chef du gouvernement peut dissoudre la Chambre en cas de blocage.
Le mode de scrutin – proportionnel dans 92 circonscriptions locales (305 sièges) plus des listes régionales (90 sièges, un tiers de femmes obligatoire) – favorise naturellement la fragmentation et les négociations d'après-scrutin.
Questions fréquentes
Quand les résultats des législatives 2026 seront-ils connus ?
Les bureaux ferment à 19h ce mercredi 23 septembre 2026. Les premières projections tombent en soirée, les résultats provisoires par circonscription dans la nuit et au fil du 24 septembre, et les résultats définitifs dans les jours suivants. Cette page sera mise à jour à chaque étape.
Quel parti a gagné les législatives de 2021 au Maroc ?
Le RNI d'Aziz Akhannouch est arrivé largement en tête avec 102 sièges, devant le PAM (87) et l'Istiqlal (81). Le PJD, qui dirigeait le pays depuis dix ans, s'est effondré de 125 à 13 sièges.
Combien de sièges faut-il pour avoir la majorité ?
La majorité absolue à la Chambre des représentants est de 198 sièges sur 395. Aucun parti ne l'atteignant seul depuis des décennies, les gouvernements marocains sont systématiquement des coalitions.
Que changent ces élections pour la loi de finances 2027 ?
La nouvelle Chambre vote le budget 2027 avant le 31 décembre 2026. La vitesse de formation du gouvernement conditionne le calendrier du PLF et l'ampleur des mesures fiscales et sociales – notre article dédié détaille ce qui attend les entreprises et les ménages.
Quel est le taux de participation des législatives 2026 ?
La participation finale s'établit à 38,02 % des 15,8 millions d'inscrits, selon le ministère de l'Intérieur – la deuxième plus faible depuis 2002, en net recul par rapport aux 50,18 % de 2021 (17,5 millions d'inscrits) et aux 42,29 % de 2016.
Yassine suit la Bourse de Casablanca, les décisions de Bank Al-Maghrib et les indicateurs macroéconomiques du Maroc. Il traduit les mouvements de marché en enseignements clairs et pratiques pour les investisseurs et épargnants marocains.

Rassemblement national des indépendants (RNI)
Parti authenticité et modernité (PAM)
Parti de l'Istiqlal (PI)
Union socialiste des forces populaires (USFP)
Mouvement populaire (MP)
Parti du progrès et du socialisme (PPS)
Union constitutionnelle (UC)
Parti de la justice et du développement (PJD)
Mouvement démocratique et social (MDS)
Front des forces démocratiques (FFD)
Alliance de la fédération de gauche (AFG)
Parti socialiste unifié (PSU)

