Si vous détenez des actions d'une société marocaine, l'impôt sur vos dividendes continue de baisser. Selon la Loi de Finances 2026, la retenue à la source (RAS) sur les dividendes distribués aux personnes physiques résidentes passe à 11,25 %, contre 12,5 % en 2025 - et elle doit atteindre 10 % en 2027.
Ce guide explique la dégression, qui doit opérer la retenue, la distinction cruciale entre régime libératoire et imputation, et l'impact pour les actionnaires et les Marocains résidant à l'étranger. Pour le panorama complet des retenues 2026, voir notre vue d'ensemble de la RAS ; pour un scénario chiffré de dividende, voir l'exemple 8.
La chronologie de la dégression
La RAS sur dividendes suit une réduction pluriannuelle programmée, amorcée par la réforme de 2023 :
| Année de distribution | Taux de RAS sur dividendes |
|---|---|
| 2023 | 13,75 % |
| 2024 - 2025 | 12,5 % |
| 2026 | 11,25 % |
| 2027 | 10 % (prévu) |
La règle déterminante : le taux applicable est celui en vigueur l'année de distribution du dividende, et non l'année de réalisation du bénéfice. Une distribution effectuée en 2026 sur des bénéfices de 2024 est donc taxée à 11,25 %.
Qui retient l'impôt, et auprès de qui ?
- La société distributrice (SA, SARL, etc.) opère la retenue au moment du paiement du dividende, puis la reverse à la DGI.
- Le taux s'applique aux dividendes versés aux personnes physiques résidentes.
- Les dividendes de société à société (IS vers IS, lorsque le bénéficiaire détient au moins 25 % du capital) bénéficient d'un taux libératoire de 10 % - antérieur à 2026, il reste en vigueur.
- Les paiements aux non-résidents suivent les conventions fiscales ; à défaut de convention, le taux interne s'applique (voir la vue d'ensemble pour la fourchette 10-30 %).
Libératoire vs. imputation : quel régime ?
C'est la distinction la plus importante pour un actionnaire :
- Régime de l'imputation (par défaut pour le taux de 11,25 %) : les 11,25 % constituent une avance. Vous devez intégrer le dividende brut dans votre déclaration annuelle de revenu global et appliquer le barème progressif de l'IR. Les 11,25 % déjà payés sont ensuite imputés ; vous versez le complément ou demandez le remboursement de l'excédent.
- Régime libératoire : un taux qui solde définitivement l'impôt. Le taux IS→IS de 10 % est libératoire ; pour les personnes physiques résidentes, certains produits (ex. certains placements à revenu fixe à 20 %) sont libératoires. Dans ce cas, aucune déclaration supplémentaire de ce revenu n'est requise.
La RAS sur dividende versée à une personne physique résidente au taux de 11,25 % n'est pas libératoire. C'est une avance à régulariser sur l'IR annuel.
Exemple chiffré
Un actionnaire perçoit un dividende brut de 80 000 DH distribué en 2026.
Dividende brut 80 000 DH
RAS retenue à la source (11,25 %) 9 000 DH
Montant net perçu 71 000 DH
En fin d'année, l'actionnaire déclare les 80 000 DH bruts dans son revenu global. L'IR est calculé selon le barème progressif, et les 9 000 DH déjà retenus sont imputés :
- Si la part d'IR correspondant à ce revenu dépasse 9 000 DH → l'actionnaire verse le complément.
- Si elle est inférieure → l'excédent est remboursable.
Pour les actionnaires à revenu élevé, proches de la tranche supérieure d'IR (38 %), l'avance de 11,25 % sera généralement inférieure à l'IR final dû - un complément est donc à prévoir. Pour les actionnaires au revenu modeste, la retenue peut excéder l'IR final et déclencher un remboursement.
Ce que cela change pour les MRE et les investisseurs étrangers
Les Marocains résidant à l'étranger (MRE) et les actionnaires étrangers doivent vérifier si une convention fiscale s'applique entre le Maroc et leur pays de résidence. Les conventions plafonnent souvent le taux de retenue (couramment 10 % ou 15 %) et déterminent quel État impose le revenu. En l'absence de convention, le taux interne marocain s'applique, avec un éventuel crédit d'impôt dans le pays de résidence. Pour les étapes pratiques de récupération de tout excédent retenu, voir notre guide de remboursement d'impôt ; les résidents du Golfe peuvent aussi lire le guide Maroc-Émirats.
Le contexte sociétaire compte aussi : avec le taux maximal d'impôt sur les sociétés porté à 35 % en 2026, le bénéfice après impôt distribuable est plus faible, ce qui se cumule avec la RAS sur dividendes dans le rendement global de l'actionnaire.
Points pratiques à retenir
- Vérifiez l'année de distribution - une distribution 2026 est taxée à 11,25 %, quelle que soit l'année du bénéfice.
- Conservez vos certificats de retenue à la source délivrés par la société - ils sont nécessaires pour imputer l'avance sur votre IR annuel.
- Ne considérez pas les 11,25 % comme définitifs sauf si vous relevez d'un régime libératoire ; déclarez le montant brut annuellement.
- MRE : examinez les conventions applicables avant la date de distribution.
En cas de structure complexe (holdings, distributions transfrontalières, bonis de liquidation), consultez un conseiller fiscal - le moment et le canal de distribution peuvent modifier sensiblement le taux effectif.
Sources
- Direction Générale des Impôts (DGI) – tax.gov.ma
- Loi de Finances n° 50-25 pour 2026 – finances.gov.ma
- Code Général des Impôts 2026 – finances.gov.ma
Avertissement
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Il est fondé sur la Loi de Finances n° 50-25 pour 2026 et le Code Général des Impôts 2026 (notamment l'article 13). Confirmez les dispositions exactes auprès de la DGI ou d'un conseiller agréé.
Salah-eddine couvre l'impôt sur le revenu personnel, le calcul des salaires et la sécurité sociale au Maroc. Son objectif est de rendre les barèmes fiscaux et les retenues sur fiches de paie compréhensibles pour chaque salarié marocain.



